Archives de catégorie : Mauvaise mère

Se remetre en cause en tant que mère: la scolarité.

N°1 est le plus beau petit garcon de le Terre. C’est aussi le plus intelligent, le plus drole et certainement le plus doué artistiquement parlant.

C’est un fait.

Ceci dit, en tant que mère et parent d’élève je me dois de m’intéresser à la vie scolaire de mon fils. (On attend encore quelques jours pour Clapiotte).

Le fait est qu’en cette fin de CP, j’ai noté plusieurs choses: mon fils, aussi intelligent soit-il, est assez inattentif. Répéter 14 fois la même choses est devenu pour moi une activité journalière que je ne relève même plus tant je m’y suis habituée.

N°1 écrit plutôt bien, mais il veut souvent aller trop vite, donc, c’est illisible.
N°1 aime bien l’école mais quand je lui demande de faire ses devoirs, parfois, alors qu’il dit que c’est ok, je me rends compte qu’il a plutôt préféré  recompter ses 13 502 cartes Pokemon.
N°1 ment, donc, de temps en temps… bien… très très bien.
N°1 est incapable de me dire ce qu’ils ont fait dans la journée.
Et souvent, il ne recopie pas exactement ce qu’il fallait écrire dans son agenda.
Bref, N°1 se laisse vivre, comme un enfant et sans contrainte.

Sauf qu’en tant que maman, j’ai commencé à m’inquiéter. M’inquiéter au point d’être soulagée de voir dans le cahier de liaison ce petit mot:

« Nous arrivons en fin d’année, si vous souhaitez me rencontrer pour parler de la scolarité de votre enfant, merci de prendre RDV »

J’ai dû être la première à me jeter sur cette proposition et j’ai donc très rapidement rencontrer la maitresse de N°1 en tête à tête.

L’impression de passer un oral sans avoir réviser, je me déchiquetais les doigts, me demandant ce qu’elle allait poser comme jugement sur mon fils, cette merveille de presque-perfection.

Sauf que la première chose qu’elle m’a demandé, c’est la raison de ma présence ici, que N°1 faisait parti des premiers de la classe, toujorus attentif, jamais rien à lui repprocher, un travail appliqué, réfléchi et une très bonne acquisition du programme.

Se moquerait-il de moi, donc?

Certainement, m’a répondu la maitresse, très étonnée (pour ne pas dire incrédule) de ce que je lui racontais de nos fins de journée.

A demi mots, elle m’a fait entendre que peut être, éventuellement, sur un malentendu, j’étais un petit peu trop exigeante.

Peut être.

Même si je ne suis que perfection (oui, moi aussi); peut être.

Peut être que j’ai peur de rater quelque chose et que je vois le mal de partout, peut être que la pression sociale est forte d’avoir un enfant parfait. Peut-être que je devrais enfin intégrer qu’il y arrivera, avec ou sans moi.

Peut-être qu’il est juste normal. (même si il est quand même plus beau que les autres).

Bon, on se met la pression jusqu’où chez vous? Suis-je donc seule à être un chouille trop à cheval sur tout ça?

 

Petit à petit elle devint moins petite….

Aujourd’hui, je me déchire un peu le cœur.

Aujourd’hui, je me résigne à te laisser grandir, à te laisser m’échapper.

Tu ne sais pas marcher mais tu cours. Tu ne sais pas vraiment parler mais tu débites de longs monologues que j’écoute avec l’attention que l’on porterait au discours d’un roi.
Tu n’écoutes pas vraiment ce que je dis, tu préfères faire ce qui te chante, tu danses en faisant des manières et tu rigoles quand tu pètes. Tu aimes qu’on t’admire mais tu n’oses plus quand on te regarde, tu voudrais déjà être grande mais tu te blottis dans mon cou dès que possible.
Tu vénères ton frère et tu lui fais la misère, tu es la douceur même avec un caractère de despote.
Tu es joueuse, rieuse et remplie d’humour et de tout cet amour que nous avons tous mis à l’intérieur de toi. Tellement que tu transpires le bonheur de vivre, bonheur que tu aimes partager dès le matin, sans te soucier si nous sommes assez bien réveillés pour apprécier ton entrain.

Aujourd’hui je signe un peu amère le petit papier qui t’éloignera de mon cocon pour te laisser aller seule vers le monde qui t’attend déjà.

Demain des amis, des envies, et toutes ces choses que je ne peux pas t’apporter et que je dois te laisser apprendre seule. Te laisser vivre ta vie et rester en retrait.

Et apprécier ton envol en refoulant mon égoïsme.


Panneau ecole
On parie que je vais chialer?

 

Vis ma vie de mère à la rue.

N°1 a gouté aux Pop-Corn pendant qu’il regardait, enjoué, le match de hockey de son oncle.
N°1, depuis, m’en demande systématiquement. Des salés. Moi, j’aime pas les salés, j’aime que les sucrés, résultat, je n’en fais pas (et puis quelle drôle d’idée de faire des pop-corn).

Ce matin, trainant la patte, il se dirige vers moi, l’œil morne.

« Mamaaaan, tu sais, j’aimerai vraiment manger des Pots de Cornes, j’aime tellement çaaaa »

« Des quoi? »

« Des pots de cornes »

« Non, mon chéri, on dit Pop Corn »

« Mais maman, c’est du maïs non? »

« euh, oui… »

« Bah on dit « corn » en anglais, donc tu te trompes, c’est des « pots de corn », tu dis n’importe quoi »

 

Je capitule.

« Mamans »: On a toutes un petit côté sadique dans la poche.

Je suis profondément gentille. Un peu conne même parfois. Ce qui n’est pas incompatible avec mon côté langue-de-pute.
Je suis rien qu’une fille quoi.

Mais, vraiment, je pense avoir un bon fond. Du genre qui dégoulinerait de chamallow fondu, de rose pastel et de pensées utopistes. Pire, j’essaie d’aider mon prochain (quand je peux, oui, parce qu’au péril de ma vie, je suis pas sûre-sûre d’être méga motivée non plus).

Et donc, en tant que gentille, j’essaie aussi de réconforter, dédramatiser, redonner le sourire etc… Je fais ce que je peux, mais je dois dire que je suis assez mauvaise. Oui, sache que s’il t’arrive une bourde, il est fort possible que je tente de t’aider ne serait-ce que par quelques mots mais que… comment dire… je sois vraiment nulle. Du genre qui ne sert à rien. Mais je tente, hein, peut être que dans 20 ans ça ira déjà mieux, on ne sait jamais.

Le pire du pire, c’est mes copines enceintes qui demandent des conseils, qui se posent des questions, qui pleurent de vomir 12 fois par jour ou de voir leur nombril se fissurer.

Là, je suis une presque catastrophe.

J’ai DÉTESTÉ qu’on vienne me dire comment faire. Encore pire, qu’on vienne me conter en détail le passage de chéribibi dans le tunnel impérial, hémorroïdes et déchirures comprises.

Et je me suis juré la vie de mon utérus de ne jamais être comme « elles ». celles qui ne se rendent pas compte que vomir ses angoisses post-accouchement devant une femme enceinte, voire pire, devant une primipare, était purement et simplement une forme de torture mentale.

Mais je ne vais pas vous mentir. L’envie est souvent forte de devenir soi-même cette tortionnaire sadique.

Ici même j’ai raconté pas mal  de choses concernant mes accouchement de rêve que même chez Bambi ils avaient jamais vu ça. Et le jour où je suis rentrée d’une soirée un peu arrosée et que j’ai débité toutes ces horreurs devant Sophie alors prête à accoucher de son 3ème (mais quand même, c’est pas une raison), j’aurai voulu me flageller avec des ortie trempés dans de l’acide. (Pardon, Sophie, encore).

Mais bon, à part « ça » (et c’est déjà pas mal), je pense que j’arrive pas mal à me retenir. Je comprends, hein, que l’envie soit forte de raconter notre propre expérience. Nous qui sommes passées par « là », nous qui « savons », nous qui avons survécu. Nous qui ne souhaitons seulement que prévenir la future maman de tout ce qu’il peut arriver, qu’elle ne croit pas que c’est le pays des merveilles dans une salle d’accouchement.

Mais en vrai nous ne savons rien, nous débitons nos frayeurs passées pour tenter de les oublier, d’évacuer notre stress.
Pendant ce temps, notre copine qui passait prendre un café déca voit toute sa bonne humeur se désagréger et ses futurs rêves se transformer en cauchemars sanglants (déjà que niveau rêves, c’était pas tout à fait ça…). Si en plus elle lit des magazines de parents (en général, c’est au moment où on stress qu’on découvre une maladie rare, inconnue, indétectable et incurable en page 14), là, je pense qu’elle désirerait plus que tout rebrousser chemin.

Alors, OUI, on a toutes ce petit côté sadique-égoïste en nous mais PITIE, stop, si on ne vous demande pas de détails, on ravale notre épisio et on la boucle. Si vraiment ça vous gratouille les ovaires d’en parler, je suis certaines que vous trouverez des oreilles attentives et réceptives, mais épargnons celles qui n’ont pas besoin de tout savoir.


Après on va en faire des psychopathes!

 

 

C’est sa première culotte-party

Dès lors que nous devenons mère, on sait bien que l’on s’expose à différentes sortes d’humiliations, plus ou moins importantes.

Le lait caillé artistiquement apposé sur notre omoplate, deux ou trois dreadlocks à la morve, la trace de feutre sur la joue et qu’on découvre à la pause de midi… bref, l’enfant, dès le départ, est fourbe et ne manque pas d’imagination pour voir si le ridicule ne tue vraiment pas.

Plus le temps passe, plus nos capteurs sont entrainés à voir ce qui cloche AVANT de franchir le palier, mais parallèlement, l’enfant aussi trouve d’autres subterfuges.

J’ai pu ainsi découvrir une autre forme de honte, très récemment.

Clapiotte est très consciente de l’utilité de ses sphincters et autres muscles lui permettant de se soulager. Naturellement, je pense qu’elle est prête pour la propreté. Sauf que Clapiotte, la couche humide, le frottement du plastoc sur sa peau et l’étron qui lui reste dans la raie des fesses, ça n’a pas franchement l’air de lui poser un quelconque problème.

Le pot, elle s’y assoit, y passe 30 minutes pour lire tranquillement et se lève en disant qu’elle a fini. Invariablement, le pot reste vide et propre de toute souillure.

J’ai attendu que N°1 soit propre après ses trois ans, par simple fainéantise de ma part, je l’ai laissé être prêt tout seul, en lui forçant un peu la main, lui disant que Carrefour était en rupture de couche pour les 12 prochaines années.

Pour Clapiotte, j’ai envie d’en finir, surtout que je la sais prête et vraiment, sa peau ne supportera pas l’été si elle continue à macérer la dedans.

Mais pour l’instant, la résistance fait rage.
Nous partons 15 jours chez mes parents, 15 jours où la chaleur aura peut être raison des couches. 15 jours sur lesquels je mise pour le déclic final dans sa petite tête de mule.
Et c’ets là qu’une amie intervient: « motive là en lui achetant des petites culottes de fille ».

L’IDEE du siècle! Évidemment! Comment n’y avais-je pas pensé?

Je me rends dans l’instant en centre ville trouver des culottes de Clapiotte. AVEC Clapiotte.

Là, je me retrouve devant le rayon sous-vêtements enfants.
Quand les boxers et slips des petits mecs sont assez graphiques, les culottes de filles me donnent un relan d’écœurement. Du froufrou, du petit noeud, des couleurs immondes…. Il y a bien ce lot de culottes blanches là…. Mais Clapiotte s’est déjà emparée d’environ 3 paquets.
Les couleurs chatoyantes des slips qui s’y trouvent m’irritent la cornée.

Hello Kitty, les Princesses, les chatons… OH MY GOD, je défaille, c’est laid.

Clapiotte, de son côté, est en transe, elle saute de joie, devant elle, elle étale dans le rayon ses trophés.

« OoooOOOoooohhh, la Mincesse, est cholie à Kitite ah oui é à chat maou-maou. A sui là Maman  moi veut sui là. »

Elle me désignait… Les « mincesses ». Ces trainées qui me regardaient de leur petits sourires hypocrites.

Un regard à droite,un autre à gauche pour m’assurer que je ne connaissais personne (c’est à dire que j’ai une réputation d’anti-trucs-de-fillasse), je me dirige vers la caisse. je croise un couple avec une petite fille.
« On prend pas les slips moches hein! tu essayes de prendre quelque chose de pas top gnan-gnan »
En les croisant, je baisse les yeux, pendant qu’ils regardent ce que Clapiotte tient dans les mains, s’échangeant un regard lourd de sous-entendus.

A la caisse, je tends le lot de slips-princesses à la dame. En plus d’un espèce de jupon en tulle (« Tu veux quel couleur Clapiotte? »… « Le Bleu » en me désignant le rose… les couleurs, c’est pas encore ça) que Clapiotte a tellement eu les yeux qui brillaient que je n’ai pas résisté.

Là, N°1 détourne le regard. Il n’assume pas vraiment mieux que moi les gouts de sa sœur, même si je lui ai expliqué que c’était pour la motiver et en aucun cas parce que j’adhérais à ces décorations de culottes.


J’tai rajouté des fleurs à la Clapiotte’s Style, pour l’ambiance….
(et j’ai vomi)

« Heureusement qu’elle mettra des pantalons parce que c’est vraiment très moche quand même »
Voilà, on résume bien, à 6 ans.

———————————–

 

Je suis parent accompagnateur, ou comment j’ai ripé en disant « oui »

Tous les lundi matin, les deux classes de CP vont à la piscine.
Tous les lundi matin, il y a chorale.
Tous les lundi matin, N°1 est dispensé de piscine à cause de ses diabolos.
Et tous les lundi matin, à cause de la chorale, on ne fait pas de grasse matinée, on l’emmène à l’école pour 3/4 d’heure et je le récupère quand tout ce joli petit monde joyeux et enjoué part pour un bain commun de 1h30.
Sans nous.
Et à vrai dire, c’est chouette d’avoir quelques heures de plus avec N°1 le jour de congé de Tony.

Et puis quand même, N°1 était triste d’entendre ses copains parler de comment ils avaient sauté, nagé, plongé et comment Louis-Gérard avait failli se noyer.
Il avait ce sentiment de rater quelque chose.
Pauvre enfant.

Par mon incroyable bonté et générosité hors du commun, j’ai eu une idée lumineuse, comme tant d’autres, d’ailleurs, qui ponctuent ma vie de mère: « on va les accompagner, comme ça, tu verras ce qu’ils font, tu seras avec eux ».

A ce moment là, j’étais élue meilleure mère du monde (dans un monde de Pokémons). Quand j’en ai parlé à la maitresse, elle a immédiatement construit un lieu de culte en mon nom dans la cours de récré.

Me voilà donc de retour le lundi devant l’école, après avoir attendu 45 minutes en me posant une seule question « pourquoi? ».

FEU!

Tous les participants sont en rang d’oignon, deux par deux, plus ou moins la main dans la main.
Tout le monde me regarde avec cette insistance qui met tellement à l’aise parce que « mais t’es qui TOI? »

Nous sommes 5 adultes pour un peu moins d’une soixantaine d’enfants. On me dit que c’est beaucoup par rapport à d’habitude, je trouve qu’on n’est jamais trop. On sait jamais, des fois qu’un de nous craque en route.

Le chemin me parait long.
Je ne sais pas où me mettre quand on traverse une rue (et on en traverse, des rues), je ne sais pas si j’ai le droit de frapper celui qui me marche sur mon talon tous les 11 pas en ricanant bêtement (je m’abstiens, donc), je ne sais pas si la ficelle qui est dans mon sac pourrait servir éventuellement à les ligoter les uns avec les autres pour être certaine qu’on n’en perde pas en cours de route (mais je pense qu’elle est malheureusement trop courte). Quoique, peut être que ça arrangerait certains parents. Sait-on jamais, on n’a pas regardé si certains avaient laissé des suppliques dans le cahier de liaison.

Arrivés à la piscine, je sens que faire parent accompagnant plus d’un mois et demi après le début de l’activité, c’est vraiment intelligent. Tout le monde est rôdé. Les filles d’un côté, les garçons de l’autre, on m’envoie chez les garçons.

Le vestiaire sent un mélange de pieds d’enfants et de chlore.
Le vestiaire résonne comme une baffle à un concert de Hard Metal.
Le vestiaire me fait grésiller les yeux tant ça bouge comme dans une fourmilière. Une vague impression qu’ils se sont démultipliés alors qu’ils n’ont même pas touché l’eau encore…. Des Gremlins en pire.

Action-réaction, mon rôle étant d’aider un peu, je me reprends.

On sent qu’on en n’est pas tous au même point niveau autonomie et motricité fine, hein.

Je me concentre sur ceux qui regarde le plafond, une goutte de salive commençant à faire son chemin sur le menton du rêveur de la lune.

« Aller, les gars on y va Go Go Goooo »
Tu vois le coach de Rocky? je suis pire.

« Enlève tes chaussettes c’est mieux! », « tu te baignes avec tes lunettes? » « mais pourquoi t’as gardé ton slip sous le maillot? » « Attends, viens là, je vais déjà commencer par t’enlever ton manteau ».

Les habits volent dans tous les sens dans un joyeux bordel. Ça crie, ça joue, je me prends une chaussette en boule (de la veille, vu l’odeur)(nan parce qu’il n’est pas 10h quand même) dans le nez.

Je mets environ 143 bonnets de bain sur des têtes en tâchant de ne pas crever d’yeux, ni d’arracher des cheveux, ni de plier des oreilles en deux dedans.

30 petits cotons tiges trottinent en dehors du vestiaire derrière l’instit, me laissant là, avec une impression d’être passée dans une centrifugeuse.


Quel que soit ton choix, tu seras ridicule, cherche pas.

Le spectacle est désolant, à aucun moment je n’ai pensé à gérer les habits, privilégiant la préparation des enfants. Des chaussettes de toutes les couleurs, des slips dans des chaussures et des chaussures dans des poches de manteaux.
Je tente un début d’organisation, me préparant au pire pour l’étape inverse.

Nous ne pouvons pas regarder les enfants de trop près. Le maitre nageur veille, des fois qu’on fasse des photos compromettantes d’enfants paniqués au milieu du bassin ou de batailles de frites géantes, sans parler de ceux mimant un sexe géant avec les mêmes frites (ils ont 6 ans et demi, en même temps) (qui a dit « Tony aurait fait pareil? »).


©Gregor Collienne

Je taille une bavette avec les deux autres accompagnateurs, le temps passe et l’heure de la fin approche.

Je prends ma respiration, je regarde l’instit partageant mon vestiaire qui me sourit en me disant « abnégation, sinon, on est cuit » dans un sourire de compassion.

Je cherche les chaussettes, les slips, je remets 120 TShirts dans le bon sens, je fais un Mémory géant avec des chaussures, je sauve une paire de lunette d’une fin atroce sous une basket lumineuse.
Je ferme 128 fermetures éclairs et le double de boutons. Je bénis les parents qui laissent leurs enfants se débrouiller tout seuls. Je fais mine d’avoir de l’humour quand l’un d’entre eux lâche un pet énormissime.

En sortant, je me retourne sur le vestiaire. Vide. Semblant lui aussi souffler après tant de maltraitance.

Sur le chemin du retour, l’entrain du matin s’est évanoui, les enfants trainent la patte, l’œil cerné, le cheveu gouttant encore.
Je ne sais même pas si je ne les préfère pas plus vivants, finalement.

On y retourne la semaine prochaine maman? c’était trop bien!
Je vais réfléchir, je reviens.

.

.

Un petit clic de soutien si vous voulez bien c’est toujours là:  Vote Cranemou (jusqu’au 15/04)
(Je laisse dans la colonne de droite les deux liens, j’oublie souvent d’en reparler en fin d’article. Merci d’avance!)

 

L’instinct maternel ce traitre sans nom.

Je n’ai pas voulu, j’ai tenté de résister et de ne pas y aller, mais la tentation et la curiosité fût trop forte, j’ai zappé.
J’ai regardé l’émission sur le Burn Out et ces mères qui craquent sur la 6. Qui craquent littéralement.

Il y a quelques jours, je vous racontais ma rencontre avec N°1. Une rencontre difficile, une rencontre loin d’être. En regardant ces mères, je me suis rendue compte à quel point j’avais été chanceuse, à quel point nous avions touché du doigt le côté obscur de la maternité.

Je revendique souvent ici que la culpabilité DOIT passer son chemin, qu’il faut essayer de lutter contre la pression de la société et de l’image que devrait renvoyer une mère: l’épanouissement et la gestion d’un quotidien avec un air béa collé au visage.

Donner la vie et élever cet enfant est loin, très loin du conte de fée ue nous nous étions imaginés.
Dans la phrase « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », vous noterez d’une part qu’on n’a jamais la suite de l’histoire, AVEC les enfants, donc, et qu’elle n’est pas « Ils eurent beaucoup d’enfants et vécurent heureux » non plus. Dommage, on aurait pu hurler à la publicité mensongère.

Je ne dis pas que le bonheur ne vient pas frapper à notre porte, mais je suis contre l’hypocrisie ambiante qui nous tombe dessus et avec laquelle nous sommes trop souvent obligée de jongler: « il faut faire bonne figure » ne fait plus partie de mon vocabulaire. En tout cas j’essaie de me mentir le moins possible.

Oui, les enfants, c’est super,  c’est un débordement de tout ce qui fait de nous des bonnes personnes. Mais c’est aussi un bouleversement que nous ne sommes pas toutes prêtes à assumer, quand nous serons tour à tour assaillies de doutes, de questionnements, d’émotions contradictoires et d’angoisses récurrentes, ce ne sont pas ceux qui nous assommerons de leur principes personnels et subjectifs qui viendront nous tendre la main, non, ceux là se contenteront de nous garder la tête sous l’eau.

Je ne vais pas répéter ce qui a pu se dire pendant cette émission, vous pourrez à votre guise vous faire une idée en regardant un replay.

Je souhaitais juste revenir dire encore une fois à quel point il faut arrêter de se mettre la barre si haut quand on devient mère. Qu’il faut être consciente de nos failles et que ce n’est pas grave. Et que jamais, mais alors JAMAIS il ne devrait être question de douter de nous en tant que personne, qu’il existe des gens doués de sensibilité et de talent pour rétablir en nous les vérités qui nous échappent.

J’ai bien en horreur de prodiguer des conseils en tant que mère mais en dehors de problèmes pathologiques graves, les solutions existent et cela commence aussi par arrêter de croire que nous sommes surhumaines.

Avant de déraper, regardons les, nos enfants, ont-ils besoin d’une mère qui s’esquinte à être toujours plus ou juste d’une mère avec un sourire et un baiser guérisseur dans la poche?

Faire avec ou se battre contre, mes kilos, j’en fais quoi?

2 ans et des brouettes que Clapiotte a déboulé chez nous. Presque 3 ans qu’elle avait commencé le ravalement de façade de mon corps.
Ce corps qui était redevenu mien suite à des efforts après l’arrivée de N°1. Bien deux ans après son arrivé, 3 ans même, puisque le mariage a amplifié la motivation à ce moment là.
Finalement, je en devrais pas me plaindre, je n’ai pas fini ma « peine » à priori…

Je ne sais pas vous (les mamans, parce que les mecs et ceux qui n’ont pas la joie d’avoir tenter l’expérience de la dilatation à 10, pour l’instant, vous ne pouvez pas vraiment en vouloir à votre Sécotine de vous avoir foutu votre corps en vrac), mais j’ai vraiment du mal avec ces kilos en trop.

Je en suis pas non plus au bout du rouleau, mais je ne supporte pas ce corps que je me traine. Je ne l’aime aps. Il n’est pas mien et j’ai beau me dire qu’il ne sera plus le même, je ne peux y renoncer. Paradoxalement, je ne fais pas spécialement de régime et je me suis fâchée avec le sport depuis mes dernières courbatures en mai 2002.

Mais de quoi se plaint-elle alors, si en plus elle ne fait pas l’effort?

Je me plains que quand on signe pour un bébé, on ne se rend pas compte qu’après, la fatigue, la lassitude, la flemme, seront nos nouveaux meilleurs amis. Et qu’avec ça comme potes, on risque pas d’avoir envie de danser la Zumba sur le canapé.
Je me plains que ces kilos en trop, ils font que je suis mal à l’aise avec mon corps, que je me cache comme je peux ou quand je ne le fais pas, je fais un effort surhumain pour oublié à quel point je me déplais.

Certains se moqueront en me faisant remarquer que je n’ai pas grand chose à perdre et donc, pas de quoi me plaindre. Mais je pars du principe que j’ai autant le droit d’être mal à l’aise qu’une autre, quel que soit la différence de tour de taille, parce que le complexe reste le même et les problèmes psychologiques qui y sont liés aussi, malgré tout.

MAIS, voilà, je ne perds rien, je fais des efforts et je remange un BigMac derrière, je ne me raisonne que par spasmes et pour la moindre contrariété, je fais n’importe quoi, mettant en l’air mes bonnes résolutions pour les reprendre dix jours plus tard.

Est-ce que je ne devrais pas me faire une raison et me dire que la cuisse fuselée, je la laisse volontiers aux filles des magazines? Ou est ce que je me fais claquer un élastique sur le bout des doigts dès que mon estomac (mais non c’est aps dans ma tête) a une subite envie de chocolat cuit dans la graisse d’oie? Comment retrouver une vraie motivation ou comment accepter une bonne fois pour toute de changer la taille de mes maillots de bain? Chez vous, ça c’est passé comment? (ou pas passé)


Donc, pour Dubaï, ça va faire juste pour ressembler à ça….
(faudrait d’ailleurs que je m’achète des nichons aussi)
(à quel moment on s’avoue que ça va pas/plus être possible?)

Merci d’avance!

Faut-il être égoiste pour être une bonne mère?

A défaut d’être une mère parfaite, celle qu’idéalise la petite fille avec ses poupées et plus tard, celle qu’idéalisent les publicitaires complètement à côté de la plaque, je ne pense pas non plus faire partie de la catégorie des marâtres mal embouchées.

Je crois, hein, il faudrait que l’un d’entre vous se dévoue pour poser la question directement à mes enfants, ils ont bien trop peur de moi pour me dire la vérité quant à ma capacité à être mère! Huhuhu.

Plus le temps passe et plus je cumule des observations affligeantes sur les parents, et sur les mères en général.

Y’a qu’à voir à la sortie de l’école, lorsqu’on attend nos triffouillons en faisant les 100 pas.
Et vas-y qu’on se mate les uns les autres.

Et celle-là, t’as vu, elle fume alors qu’elle a un bébé dans sa poussette!
Et elle, là, je rêve? Elle allaite en attendant son fils!
Mais? Attends, elle fait quoi celle-ci? Elle téléphone… mouais, bon, elle pourrait s’abstenir de parler aussi fort, je suis pas obligée de savoir qu’elle hésite à se faire poser un stérilet!
Rho pis celle-ci avec ses gâteaux à l’épeautre franchement, pauv’gosses.
Ah, tiens, vl’à miss camping qui vient chercher son Scotch en talons aiguilles, bah voyons!
Ah! je vais allée dire bonjour au papa de Kevin, le pauvre, c’est lui qui se tape toutes les sorties d’école, sa femme est bien trop carriériste pour une mère.

Jetez moi la première pierre, je suis une moqueuse de première et oui, j’ai la langue qui fourche souvent.
Ceci dit, je suis aussi consciente que d’autres s’en donne à cœur joie en me voyant.Ce qui n’excuse rien, certes.

Mais, pour ma défense, je travaille à ne pas juger ces gens en tant que « maman ».

Je suis pas la pire, mais je ne fais pas tout pour mes enfants, et en cela, je suis bien consciente que je m’éloigne des critères de la bonne mère parfaite.

Pour tout vous dire, mes enfants, je tente de les protéger, je tente de leur inculquer certaines valeurs, je les nourris, je les soigne et surtout, surtout, je les aime. Ca, c’est mon rôle de mère. Celui auquel je ne dérogerai jamais.
Ensuite, non, j’avoue, je ne les emmène pas partout avec moi sous prétexte que l’expo sur le fauvisme pourrait leur permettre une ouverture d’esprit plus grande. Je ne les embarque pas non plus dans des restos pour leur faire goûter « à tout » et leur apprendre à bien se tenir. Je leur explique qu’on ne va pas rester au parc longtemps parce que ça a beau être leur kiffe, c’est loin d’être le mien et que je ne vois pas pourquoi je souffrirai plus que les 30-45 minutes que je leur laisse pour s’éclater dans cet enclos à mômes.
Je ne mens pas quand je trouve que le dessin de N°1 est incompréhensible et je en fais pas semblant d’y voir des missiles à têtes chercheuses quand je ne vois que des traits.
J’oublie souvent le langage châtié et je les laisse me reprendre et m’engueuler quand je dis des gros mots.
Je leur en veux de grandir si vite.
Je les mets devant la télé pendant 1h30 de DVD pour que je puisse être tranquille à surfer sur l’ordi, me faire un masque ou même faire une sieste (bon, là, j’avoue, ils me grillent souvent, je vais pas faire semblant d’y arriver).
Je leur fais des blagues qu’ils ne comprennent pas et qui les vexent, et après, je les engueule parce qu’ils n’ont pas d’humour.
Je ne fais pas de milliards de décorations et je n’organise pas des jeux à n’en plus finir pour leurs anniversaires.
Je n’ai pas allaité mais j’ai filé des tas de petits pots…. La liste est looongue et bien fournie pour donner matière à me lapider en place publique avec une pancarte « bouhhh, la honte, mauvaise mère! »


« Comment te dire? ça va pas être possible, j’ai ni le temps, ni l’envie, là! »

Et SURTOUT, je ne culpabilise plus.
J’apprends à ne pas m’en vouloir de ne pas faire tout bien comme « la norme » et « la société » l’attend de moi.

J’ai toujours su que j’étais imparfaite, c’est pas maintenant que je vais tenter l’hypnose pour changer mon idée.

Qu’est ce qu’on s’ennuierait si je faisais tout bien.

Qu’est ce que la vie sera morne si nous n’avions pas toutes et tous ses petits épis dans notre personnalité qui nous empêche d’être ce qu’on attend de nous.

Parfois, souvent, même, je pense à moi et je laisse mes enfants de côté.
Sincèrement, je ne sais pas si c’est bien ou mal.

Je sais juste que ce petit égoïsme me fait du bien. Peut être même qu’il me rend meilleure pour le reste.
En l’assumant et en m’asseyant sur la culpabilité que je devrais me trainer, je suis quand même bien heureuse… et à voir mes enfants, je trouve qu’ils se défendent pas mal aussi….

On a tous des travers (même si j’essaie de vous faire croire souvent que je suis la perfection incarnée haha), mais culpabiliser pour ça n’est-il pas une simple perte de temps? Ne se pose t-on pas trop de questions par rapport à nos enfants et à ce qu’on veut leur renvoyer comme image? N’est-ce pas préférable qu’ils soient conscients de nos failles?
N’en tentons nous pas simplement d’en faire trop pour eux?

Le CP ou cette étape qui te change la vie

N°1 a perdu six dents, il joue aux Pokemons, grimpe aux arbres et… lit.
N°1 est en CP et ça y est, on peut officiellement dire qu’il lit. Il ne déchiffre plus, il lit et comprend ce qu’il vient de lire.
Je devrais être fière de ce nouveau cap franchi dans son acquisition de l’autonomie.

Sauf que ce que j’avais oublié, c’est qu’une fois la lecture acquise, nous ne sommes plus JAMAIS tranquille.

C’est comme ça qu’on se retrouve à détailler absolument toutes les pancartes, affiches publicitaires, enseignes de magasins, sous-titre et même les plaques d’égout.

Je ne voudrais pas m’opposer à cette curiosité grandissante et je le laisse déchiffrer tranquillement tout cet univers qui s’offre comme ça à son petit cerveau, il parait que les enfants sont des éponges, je vais pas lui enlever la joie de se prendre pour une spontex.
Le seul vrai soucis que ça me pose, c’est que quelle que soit la balade, ça prend des plombes pour tout lire. Je pourrai faire comme si je ne relevais pas les fautes, mais impossible de m’en empêcher, je le reprends.

Agence Fonquia, locaux disponibles

Sièges auto 100 OLO sécurissants (100%)

Maman? Ca veut dire quoi: « Manix présservatif »?

Bon, ok, parfois, je le reprends pas.

Et comme il en est à tout lire tout le temps quel que soit le support, il tente lui aussi de se créer ses propres pancartes.


(Il est encore pire que moi en orthographe, MON fils)

Et quelques notes prises dans le jardin de mamie:

Vivement qu’il recopie ce qu’il voit dans les vitrines des pharmacies qu’on se marre.