C’est très confortable d’avoir un garçon. Enfin, pas très, mais plus confortable en tout cas que d’avoir une fille.
C’est vrai, un garçon, ça ne risque pas de nous ramener des mecs tout bizarres à la maison, ça a moins de chance de mettre des mini-jupes ou de se maquiller à la truelle dans le bus du collège. Normalement, ça devrait aussi moins avoir tendance au rire de hyène ou à lancer un cri hystérique à la vue d’un jeune capillairement attractif avec une voix de pré-pubaire.
Pas de règles, pas de soutifs, pas de grossesse non désirée à 14 ans et demi… C’est idiot sûrement de penser à ça. Mais maintenant que j’ai une fille, je me rends compte que ce n’est pas « maintenant » qui me fait peur mais bel et bien l’adolescence. Non, parce que pour l’instant, ma fille est une petite fille. Un bébé, même.
Elle a de grosses joues, un ventre tendu, elle aime les couettes, les barrettes, les bracelets en plastiques qui brillent et elle croit qu’une « Mincesse » c’est une robe. Je peux lui mettre une robe de Laura Ingalls qu’elle sera la plus ravie, parce que c’est très « Mincesse » Laura Ingalls. Surtout si y’a une doublure, là, c’est carrément l’extase de la « Mincesse »
Clapiotte a deux ans. Et en aucun cas elle n’a plus. J’ai toujours considéré mes enfants comme des enfants de leur âge (même si, évidemment, je trouve qu’ils sont supérieurement intelligents).
C’est un choix de les considérés comme tels.
C’est effectivement mon choix et j’ai beau essayer de me draper dans un voile de compréhension, certaines chose m’échappent concernant « les autres ».
Il y a de ça quelques semaines, j’ai assisté à un énorme débat sur la page facebook du BabyBlog que tout le monde devrait connaitre d’ailleurs. Un débat à base de maillots de bain, de pervers sexuels et de petites filles qui se prennent pour des ados.
J’ai lu avec attention les arguments plus ou moins censés de chacun. Et je ne peux pas m’empêcher de dire que mettre une culotte de maillot de bain à une petite fille qui n’a pas de sein, c’est la normalité. A la toute limite, si vraiment on veut cacher les micro-têtons de nos filles, on a l’option maillot une pièce.
Mais le soutif en taille 18 mois? On est bien sérieux? Vous les avez vu sur la plage les mini-miss qui se baladent avec ce genre de truc? Sans dire que c’est ridicule, après tout, je ne dois pas avoir la science infuse en matière de mode enfantine, mais ça les gêne!
Sans arrêt en train de remettre les bretelles ou de redescendre le bout de lycra en bonne place puisque évidemment, un soutien-gorge, à la base, ça a une fonctionnalité bien précise qui n’est pas de cacher mais de soutenir. Hors, là, ça soutient surtout un comportement que je trouve étrange.
Et qu’on ne me dise pas que c’est la p’tite qui demande, hein, parce que jusqu’à preuve du contraire, les enfants ne devraient avoir un choix que très limité en matière d’habillement, n’en déplaise à ceux qui ont craqué sur les T-Shirt de Super-Héros ou les baskets de Barbie (je lutte chaque jour, si vous saviez)
Bon, ok, j’ai dû me faire trois milliards d’ennemis en deux secondes (oui, j’ai beaucoup de visites). Pardon. c’est pas mes oignons après tout. Nan, mais en fait, je voulais en venir à ces fringues qu’on trouve maintenant pour les filles. Les BEBES filles (si tant est que je considérerai un jour ma fille comme autre chose qu’un bébé ).
C’est quoi ces strings en taille 6 ans? Les soutien-gorge ampliforme en 8 ans, on en parle? Et les mini tops trop courts? les pantalons taille-basse? Les bas-nylon? Et que vois-je? Des TALONS? Nan parce qu’il existe aussi des perruques pour bébés, au cas où on trouvait que les têtes chauves de nourrissons c’était so 2011.


Le confort, y’a que ça de vrai.

C’est vrai que c’est tout de même du meilleur goût.
Quand j’y pense et puisqu’on leur fait connaitre nos inventions de tortures pour adultes comme le strings ou les talons hauts, je vais peut être lancer des serviettes hygiéniques et des tampons en taille 7 ans aussi. C’est pour l’entrainement. Vous voyez le ridicule du concept ou pas?
WTF???
Arf, on se moque beaucoup de ces américains complètement bizarroïdes qui griment leurs fillettes en poupées gonflables. Mais punaise, j’ai vraiment la trouille que ça finisse par arriver ici…
Ah… on me dit que c’est trop tard. Je pense m’exiler dans un village Mormon.
Classe ET distinguée ma fille.
Je suis tellement fièèèère
Je vais vous dire le fond de ma pensée par rapport à tout ça. je trouve ça écœurant. Et hypocrite.
On planque nos enfants de peur qu’ils soient mater par le pervers du coin mais on nourrit les tendances pédophiles avec une hypersexualisation de la fillette. Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est la faute des marques. Évidemment, elles profitent de cette tendance dégueulasse mais si cela continue, c’est bien qu’il y a une clientèle. Et je ne pense pas qu’une petite fille de 7 ans ait l’idée seule d’aller se faire souffrir avec un fil qui lui rentre dans la raie des fesses.
J’ai réellement peur de cette banalisation de la sexualisation des enfants.
Ce sont des ENFANTS. Pas des poupées. Pas NOS poupées.
Chère Clapiotte,
Même si depuis peu on m’oblige à cocher la case « Madame » pour te désigner, tu restes ma petite fille. Tu deviendras une demaoiselle quand il sera temps et une dame en temps voulu.
Je te promets de te donner une éducation la plus saine qu’il soit afin de te protéger des dérives malsaines de la société actuelle. Je ne pourrai pas t’en préserver complètement, mais je ferai tout mon possible pour que tu saisisses les enjeux de tels comportements afin que tu puisses te construire en tant que femme lorsqu’il sera l’heure.
Je te souhaite de beaux souvenirs d’enfance, sans bretelle à remettre, sans soucis de dos, sans hémorroïde précoce et sans mascara waterproof.
Ta maman.
PS: et c’est toujours « non » pour la robe Barbie.
Je vous invite à lire l’article d’Electromenagere qui aborde, autour d’un café, le même sujet chez elle, et avec talent.












