Quand on devient parent, on devrait nous poser le bébé sur le ventre avec un manuel du bon petit parent averti.
Non, pas un mode d’emploi, pour ça, vous n’avez qu’à vous référer à votre instinct maternel, paternel ou votre instinct de survie même. Non, un manuel qui nous expliquerait dès le départ les fautes à ne pas commettre lorsqu’on est parent. Pas tant pour l’éducation du rejeton mais surtout pour notre bonne santé mentale à tous.
Il est courant que naisse en même temps que le Scotch, entre sa sortie et l’expulsion du placenta genre, un gros morceau dont personne ne parle vraiment, l’angoisse. L’angoisse qui, pourtant, vous aura permis de vous nourrir exclusivement de Babybel pendant 9 mois et qui vous aura rappelé durant la même période que baver sur les sushis et les steaks saignants était permis, mais qu’en gouter fera de vous la pire mère infanticide du monde entier dans tout l’univers de l’espace intersidéral. Alors GARE!
Cette angoisse sortie de l’interieur de notre utérus avec le package bébé-placenta-kit de couture, voilà qu’elle nous suit de partout.
Et donc, là où on nous a pas prévenu, c’est que cette angoisse latente allait nous faire faire des trucs stupides. Trucs stupides, qui, donc, devraient être listés dans le manuel du parent averti. Sauf que non, tout le monde préfère laisser les parents se démerder, pas le temps de publier un bouquin pour aider, trop occuper qu’ils sont à inventer de nouvelles maladies infantiles.
Et c’est ainsi que CHAQUE parent se retrouve un jour à taper des trucs inimaginables dans Google.
Évidemment, vous allez tomber sur des pathologies plutôt bénignes dans les premières pages. Mais votre instinct de parent ne vous laissera pas s’arrêter jusqu’à ce que vous découvriez que votre enfant a une sarcoïdose ou un syndrome de Korsakoff ou autre nom russe imprononçable.
Google n’est PAS ton ami, parent.
Encore moins les forums à fort potentiel anxiogène.
Fuyez, tant qu’il est encore temps.
Pour moi, c’est déjà trop tard, mes enfants souffrent respectivement d’une myelofibrose et d’une méningite virale récurrente.
Hier, alors que Clapiotte se plaignait une énième fois de son dos, j’ai fait ma petite recherche de l’angoisse qui va bien. J’ai vite sauté les étapes « nerf coincé », « mauvaise chute » ou même, soyons fou « scoliose » pour passer directement par la case « cancer ayant métastasé sur les os ».
C’est donc après avoir couru chez ma copine médecin qui avait bien senti que je la laisserais pas dormir si elle voyait pas le dos de ma fille dans la seconde que Clapiotte, en rentrant, me lance: « haaaa, ca va mieux. Maintenant, j’ai un peu mal à la gorge, on va aller quand chez ta copine pour que je joue dans la chambre de Mimi? » « Mimi », la fille de ma copine donc. Qui a évidemment une chambre rempli de playmobils princesses et de trucs de filles trop classes que n’a pas la mienne.
Google, c’est le diable.
Mais nos gosses sont pas mal non plus.
















