Mes chers lecteurs, mes amis, mes chouchous (ça commence bien tiens),
Depuis des mois et des mois vous me suivez, ici ou ailleurs et parfois même chez d’autres.
J’ai pas toujours le temps de vous répondre un à un mais j’essaie, j’essaie d’être divertissante pour les pénibles journées de bureau (oui, hein, je vois bien que le week en arrivé, vous avez tôt fait de zapper la case blog, bande d’ingrats qui préférez passer vos week end en famille, nan mais dites donc!), j’essaie d’apprendre à vous connaitre même si j’ai une mémoire de poisson lune.
Mais bientôt, tout ça va changer. Tout ça ne sera plus qu’un lointain souvenir. Bientôt, je vous snoberais de très haut et vous, vous serez encore fiers d’avoir eu la chance de pouvoir communiquer avec moi aussi facilement. OUI, parce que prochainement, je vais devenir une star mondial et CA, vous l’aviez pas vu venir.
Dans quelques jours maintenant, vous allez allumer votre télé pour regarder Jean Luc Reichmann (tu as des gouts simples, lecteur, c’est bien de savoir rester simple) et là, comme une révélation, entre la poire et le fromage, la tronche de Cranemou dans ta télé. BIM. PIRE: pendant une looongue semaine, vous allez voir ma trombine sur plein de chaines (même celles qu’on regarde jamais).
Cranemou, votre serviteuse (j’ai le droit d’inventer des mots, je suis une star) s’auto-proclame reine du papier toilette triple épaisseur (et parle d’elle à la 3ème personne, star-attitude on a dit).
Je sais que vous trépignez, les milliards de mails que je reçois chaque jour anticipent ma gloire prochaine en me demandant des photos dédicacées. Bientôt, je mettrai même sur Ebay le rouleau de PQ qui m’a rendu célèbre au profit d’une association pour la recherche contre l’hémorroïde. Oui, je saurai rester généreuse.
Et comme mon heure de gloire est proche, je me permets de vous raconter un peu comment s’est passé cette journée qui, sans vous, public, n’aurait pas eu lieu d’être.
D’abord, je me suis levée tôt. Très tôt. Sous le soleil parisien, je savais qu’il n’était pas nécessaire de me mettre de l’anti-cerne mais par respect pour le chauffeur de taxi, il a quand même fallu que je passe mon visage, meurtri par des oreillers trop mous, à la truelle.
J’attends patiemment mes futurs collègues (oui, nous sommes trois futures stars, mais on parle de moi là non?) et nous voilà partis tous les trois pour Chatenay Mallabry, charmante petite bourgade non desservie par la RATP (en tout cas, pas celle connu du provincial de base, à savoir, moi).
Arrivés sur place, je sens que je suis tout à fait à l’aise… envie de me terrer environ à la profondeur d’une strate du paléozoïque supérieur.
On me propose un café, ce qui est fort perspicace pour me laisser le temps de m’adapter à tout ça: des gens (inconnus), un lieu (inconnu), du materiel de télé (inconnu) et des gens ‘inconnus) (oui, deux fois, mais des gens quoi!!!).
Oh, et puis finalement, le producteur a dû penser que j’avais l’air bien assez à l’aise comme ça, tiens, hop, qu’il me dit, tu finiras ton café quand tu seras décédée de timidité prête, plutôt. On m’envoie directement à l’habillage-maquillage.
Il est 9h et j’ai déjà sué comme après une séance de Pilates (GENRE, je fais du Pilates), pas honte du tout non, jamais. De toute façon il est trop tard.
Marie la j’espère gentille maquilleuse m’en veut légèrement de m’être déjà mal maquillée. Je le savais, mais je bredouille une excuse à base d’oreiller, de taxi, de GENS!
Autour de moi s’affaire la douce et gentille habilleuse qui ne m’en veut pas de ne pas assumer une veste de tailleur rose fushia et opte plutôt pour quelque chose de plus simple. Je ne me vois pas, mais après le fushia, j’ai entière confiance.
De retour auprès de Marie, Make Up Artist de renom (si, c’est moi qui le dit, tu verras comme elle m’a fait jolie!) me rachete un visage humain. les maquilleurs sont des génies. Je ne me vois toujours pas, mais bizarrement, on me sourit plus que quand je suis arrivée, ça doit avoir un lien.
Pendant que la magie du ravalement de façade opère, mon « coach » Jean Marie, vrai comédien, lui, tente de me mettre à l’aise avec mon texte (une phrase, donc). je pense que je lui fais un peu peur, la faut à mon Alazheimer précoce qui m’empêche de retenir une phrase de 12 mots.
Et puis aller, hein, c’est pas comme si on avait un planning à tenir mais on me jette dans l’arène.
J’ai de la chance. Beaucoup. Parce que parfois, j’ai tort, et moi qui prenait cet univers de la télé comme un milieu où les gens se snobaient les uns les autres, je me retrouve avec des personnes charmantes, de bonne humeur et toujours là pour encourager, motiver et sourire.
Même l’ingénieur du son à l’affût du moindre souffle mal placé me faisait des blagounettes.
Et on sait comme le sourire a son importance pour moi. Tout à coup (après 10 000 prises à peu près), je me détends un peu et je comprends que si je me lâchais un peu, l’Oscar ne serait pas loin.
Je rigole bien. Je ne sais absolument pas si ce que je fais est digne d’une production AB mais je m’éclate, parce que l’expérience est vraiment bonne, parce que l’équipe est chouette et parce que… bah quand même quoi, c’est pas comme si j’allais recommencer demain, donc autant en profiter!
(Nan mais si vous insistez, je dois avoir un créneau pour une pub pour du saucisson ou des retours gastriques) (nan, sans blaguer, je dois avouer que je retenterai bien… pour voir si je suis capable de me détendre un peu plus vite).
Je n’ai rien vu de ce que j’ai fait. J’espère ne pas trop vous faire honte quand même. J’espère que ma famille ne me reniera pas sur 8 générations non plus.
Et j’espère que vous allez bien rire en tombant dessus. Vraiment, parce que c’était super!

MERCI!
(Et merci à toute l’équipe de tournage, sans exception ainsi qu’à l’Agence Acapulco, à Lotus et au soleil qui a permis de passer une journée un peu hors du commun ce jour là)