Grande fierté, petits tracas

Non, nous n’avons pas gelé, nous sommes toujours en vie. Même pas un tout petit peu en hypothermie. Rien. On a été ultra équipé ce week end.

Et nous sommes sortis.

Oh, pas loin, sur la place en bas de chez nous. Mais c’est pareil qu’ailleurs, y’a pas le chauffage non plus.

Faut-il les aimer fort ces enfants, n’empêche, pour aller se cailler les miches pendant une heure sur la place. MAIS, hier, c’était vélo. Sans roulette. Et autant dire que N°1 avait bien noté le rendez-vous dans son cerveau gelé.

C’était une récidive. Déjà la semaine dernière, il réussissait à trouver son équilibre, c’était  plutôt bien parti. Certes, il avait tué deux grand-mères passant par là: vous connaissez a rumeur qui dit que plus on essaye d’éviter quelque chose, plus on fonce dessus? Bon, on a vérifié, c’est complètement vrai! Balayette la mémé.

Ça va, le vélo n’a rien.

Hier, donc, sur la place, N°1 se tient bien droit avec son air de débile casqué (nan, je sais, c’ets méchant, mais on a vraiment l’air idiot avec un casque de vélo, peu importe qu’on soit Brad Pitt ou Mister Bean: casque= air ridicule.)

Il se lance avec un peu d’aide, il roule, il roule, il apprend à tourner: « regarde maman, je fais des 8 » (il révise en même temps, rentabilité de son timing, il ira loin). nan, vraiment, il maîtrise déjà bien mieux.
Je suis fière. Plus fière, tu t’étoufferai dans d’atroces souffrances. J’avais peur qu’il panique, qu’il renonce, mais non, il est là, à faire des 8, tout content d’enfin avoir dit adieu à ses roulettes (il faut savoir qu’on sort le vélo environ une fois par mois, et encore je suis large).

Il commence même à maitriser le départ arrêté. Non, en fait, il y arrive carrément. Il est pas encore tout à fait prêt pour le tour de France et les injections d’amphets, mais il progresse très rapidement. Et moi, toujours en train de m’étouffer avec ma fierté.

C’est pas tout, mais on meurt, nous, de ne pas bouger:
« On y va N°1, on caille trop »
« Je fais encore un peu »
« 2 minutes, on en peut plus là »
« J’en fais jusqu’à ce que je puisse plus »
« grrr…… »
, je peste, il est tellement heureux et moi tellement gelée….

Mais, Dieu existe, Dieu a fait pousser un poteau, pile sur le chemin que prenait N°1.

« Evite le poteau N°1!!! Attention! Le poteauuuu!!! »

J’vous ai parlé de la rumeur sur les trucs qu’on voulait éviter?

Et vous, en ce moment, vous êtes fiers de quoi?

velo1

velo2

velo3
Je note qu’il a sauvé le parapluie, à défaut de son amour propre.

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