Faut-il être égoiste pour être une bonne mère?

A défaut d’être une mère parfaite, celle qu’idéalise la petite fille avec ses poupées et plus tard, celle qu’idéalisent les publicitaires complètement à côté de la plaque, je ne pense pas non plus faire partie de la catégorie des marâtres mal embouchées.

Je crois, hein, il faudrait que l’un d’entre vous se dévoue pour poser la question directement à mes enfants, ils ont bien trop peur de moi pour me dire la vérité quant à ma capacité à être mère! Huhuhu.

Plus le temps passe et plus je cumule des observations affligeantes sur les parents, et sur les mères en général.

Y’a qu’à voir à la sortie de l’école, lorsqu’on attend nos triffouillons en faisant les 100 pas.
Et vas-y qu’on se mate les uns les autres.

Et celle-là, t’as vu, elle fume alors qu’elle a un bébé dans sa poussette!
Et elle, là, je rêve? Elle allaite en attendant son fils!
Mais? Attends, elle fait quoi celle-ci? Elle téléphone… mouais, bon, elle pourrait s’abstenir de parler aussi fort, je suis pas obligée de savoir qu’elle hésite à se faire poser un stérilet!
Rho pis celle-ci avec ses gâteaux à l’épeautre franchement, pauv’gosses.
Ah, tiens, vl’à miss camping qui vient chercher son Scotch en talons aiguilles, bah voyons!
Ah! je vais allée dire bonjour au papa de Kevin, le pauvre, c’est lui qui se tape toutes les sorties d’école, sa femme est bien trop carriériste pour une mère.

Jetez moi la première pierre, je suis une moqueuse de première et oui, j’ai la langue qui fourche souvent.
Ceci dit, je suis aussi consciente que d’autres s’en donne à cœur joie en me voyant.Ce qui n’excuse rien, certes.

Mais, pour ma défense, je travaille à ne pas juger ces gens en tant que « maman ».

Je suis pas la pire, mais je ne fais pas tout pour mes enfants, et en cela, je suis bien consciente que je m’éloigne des critères de la bonne mère parfaite.

Pour tout vous dire, mes enfants, je tente de les protéger, je tente de leur inculquer certaines valeurs, je les nourris, je les soigne et surtout, surtout, je les aime. Ca, c’est mon rôle de mère. Celui auquel je ne dérogerai jamais.
Ensuite, non, j’avoue, je ne les emmène pas partout avec moi sous prétexte que l’expo sur le fauvisme pourrait leur permettre une ouverture d’esprit plus grande. Je ne les embarque pas non plus dans des restos pour leur faire goûter « à tout » et leur apprendre à bien se tenir. Je leur explique qu’on ne va pas rester au parc longtemps parce que ça a beau être leur kiffe, c’est loin d’être le mien et que je ne vois pas pourquoi je souffrirai plus que les 30-45 minutes que je leur laisse pour s’éclater dans cet enclos à mômes.
Je ne mens pas quand je trouve que le dessin de N°1 est incompréhensible et je en fais pas semblant d’y voir des missiles à têtes chercheuses quand je ne vois que des traits.
J’oublie souvent le langage châtié et je les laisse me reprendre et m’engueuler quand je dis des gros mots.
Je leur en veux de grandir si vite.
Je les mets devant la télé pendant 1h30 de DVD pour que je puisse être tranquille à surfer sur l’ordi, me faire un masque ou même faire une sieste (bon, là, j’avoue, ils me grillent souvent, je vais pas faire semblant d’y arriver).
Je leur fais des blagues qu’ils ne comprennent pas et qui les vexent, et après, je les engueule parce qu’ils n’ont pas d’humour.
Je ne fais pas de milliards de décorations et je n’organise pas des jeux à n’en plus finir pour leurs anniversaires.
Je n’ai pas allaité mais j’ai filé des tas de petits pots…. La liste est looongue et bien fournie pour donner matière à me lapider en place publique avec une pancarte « bouhhh, la honte, mauvaise mère! »


« Comment te dire? ça va pas être possible, j’ai ni le temps, ni l’envie, là! »

Et SURTOUT, je ne culpabilise plus.
J’apprends à ne pas m’en vouloir de ne pas faire tout bien comme « la norme » et « la société » l’attend de moi.

J’ai toujours su que j’étais imparfaite, c’est pas maintenant que je vais tenter l’hypnose pour changer mon idée.

Qu’est ce qu’on s’ennuierait si je faisais tout bien.

Qu’est ce que la vie sera morne si nous n’avions pas toutes et tous ses petits épis dans notre personnalité qui nous empêche d’être ce qu’on attend de nous.

Parfois, souvent, même, je pense à moi et je laisse mes enfants de côté.
Sincèrement, je ne sais pas si c’est bien ou mal.

Je sais juste que ce petit égoïsme me fait du bien. Peut être même qu’il me rend meilleure pour le reste.
En l’assumant et en m’asseyant sur la culpabilité que je devrais me trainer, je suis quand même bien heureuse… et à voir mes enfants, je trouve qu’ils se défendent pas mal aussi….

On a tous des travers (même si j’essaie de vous faire croire souvent que je suis la perfection incarnée haha), mais culpabiliser pour ça n’est-il pas une simple perte de temps? Ne se pose t-on pas trop de questions par rapport à nos enfants et à ce qu’on veut leur renvoyer comme image? N’est-ce pas préférable qu’ils soient conscients de nos failles?
N’en tentons nous pas simplement d’en faire trop pour eux?

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Comments

45 comments

  1. Soma says:

    Continuer à être mère, protéger, élever nos enfants sans pour autant se sacrifier
    Devenir parent & être de bon parent, c’est apprendre à nos enfants à s’envoler un jour pour être de « bons » adultes sans oublier de les aimer fort.
    Le reste n’est que accessoire.
    Trouver l’équilibre, toujours… que c’est difficile en fait :)

      • Soma says:

        Oui, mais je ne sais pas si on y arrive vraiment !
        Ya toujours « un truc » qui nous rappelle qu’ailleurs les autres mamans font comme-ci ou comme-ça et que c’est p-être mieux… alors qu’en fait non !
        Je crois que cela demande du boulot pour être une mère « confiante » dans ses choix & ses actes…

        • cranemou says:

          oui, voilà, ce qu’il faut, pour commencer, c’est ne pas se dire que l’herbe est plus ferte ailleurs (et c’est assez valable pour tout, en fait ;) )

  2. Lulu says:

    Parce que ça existe une mère parfaite ??? Moi, je trouve ça louche… Je partage complètement ta vision des choses. Il m’est même arrivé de dire à mon fils qui se montrait un peu trop collant que je l’aimais plus tout au monde mais que j’avais besoin d’air et qu’il fallait qu’il me laisse un peu respirer !!! Il n’est pas traumatisé pour autant, et moi je me sens beaucoup mieux…

    • cranemou says:

      La mere parfaite n’existe pas, toi, moi et j’espere beaucoup d’autres en sont bien conscientes.
      Sauf que, le jugement persiste et que la culpabilité s’encroute.
      Les jeunes mères se voient assaillies par les codes qu’on tente de leur faire rentrer dans le crane à coup de « comment bien faire  » « bien élever », « bien aider à grandir » blablabla… pour devenir la meilleure possible. Comme si c’etait une compet…
      Je suis tellement épanouie d’avoir réussi à m’éloigner de tout ca que je le souhaite à toutes les meres, pour commencer à etre vraiment « bonnes » ;)

  3. BabyPop says:

    je suis celle avec les gâteaux à l’épeautre bio, moi (mais je m’enfile en cachette des pots entiers de Nutella)/ Je te rejoins sur le « no culpabilité », je me trouve même plutôt pas mal comme mère et je sais que je fais du mieux que je peux avec mes valeurs. Par contre j’ai du mal à ne pas juger les autres :D

  4. athys1977 says:

    Bel article, vraiment plein de bon sens !
    Je t’admire d’avoir réussi à t’épanouir de cette manière !

    Je suis encore un peu trop influençable et je me culpabilise souvent car, oui des fois j’ai envie d’être une Wondermaman (et j’assume). Mais je me soigne, j’imagine que laisser aussi plus de liberté à mon fils 2 ans) lui fera du bien aussi.

    Quant à ne pas juger les choix des autres, en général j’y arrive, même s’ils sont à l’opposé des miens, mais par moments, c’est vraiment très difficile !
    (genre la mère/le père qui fume au dessus de la poussette, là vraiment j’ai du mal)

    • cranemou says:

      on voudrait toutes assurée comme une wondermum… mais bon, hein, les super héros, les capes toussa… on sait bien que c’est un peu comme le pere Noel non?

  5. mistinguett says:

    Et puis, être une mère parfaite, c’est epuissant, cela demande une énergje monstre … Je le sais, car j’ai essayer de l’être et me suis brûlée les ailes … Bref, je suis la maman que je suis et peu importe la manière à l’être …

  6. electromenagere says:

    Alors moi c’est étrange mais alors je me contrefous totalement de la façon dont les autres parents peuvent éduquer leur enfant. Je galère déjà avec mes propres principes d’éducation alors ceux des autres !
    Par contre j’aime beaucoup critiquer le physique ! :D

  7. mumimparfaite says:

    Il y a quelques années, quand j’ai eu ma fille, j’ai pris une grande résolution, celle d’être une mère parfaite. Résolution qui m’a directement faite passer par la case dépression sévère tant je me sentais coupable de louper ma purée de brocolis bio ou de découvrir avec horreur les fesses rouges de bébé parce que j’avais tardé à la changer…Cette soif de perfection à tous prix : disputes avec bonzomme, plus de vie sociale (parce qu’imposer à bébé une sortie au resto avec mes copines par exemple me faisait culpabiliser à mort) , …m’a finalement mise dans un état de culpabilité permanente dont j’ai eu du mal à me relever, mais qui m’a permise avec de l’aide extérieur d’ouvrir les yeux et de comprendre ce qui est réellement important d’apporter à ses enfants (enfin aux miens ! ) Aujourd’hui quelques années sont passées par là, amenant avec elles plus de légerté, plus d’égoïsme de ma part, plus d’épanouissement personnel. dont je profite et eux par ricochet . Les enfants savent et sentent que je les aime et que je suis là de façon inconditionnel pour eux et c’est suffisant à être la « mère parfaite » à leurs yeux !

    • cranemou says:

      voilà, bah tu es la preuve que les depressions et autres burnout viennent surtout de cette pression qu’on se met toute seule à vouloir faire toujours mieux, toujours plus…

      La culpabilité est un vilain défaut ;)

  8. NiouzMum says:

    Moi je culpabilise non pas de ne pas être parfaite car comme chacun sait la perfection n’existe pas, mais de ne pas réussir à être la mère que je voudrais être : de ma perfection à moi telle que je la vois et non en rapport avec des codes qu’imposerait la société.

    • cranemou says:

      oui mais tu culpabilises, si peut etre tu revoyais tes critères de mere parfaite « à la baisse » avec ce qu’il t’ai possible de faire réellement, je suis sure que cette culpabilité là s’envolerait.

      Quand on est trop exigeant avec nous mêmes pour l’éducation de nos enfants, ca même trop souvent à des déceptions, alors que finalement, si on regarde bien, qu’on ait raté la purée, pas changé la couche à l’heure précise, pas voulu aller au parc parce que ca nous faisait suer… bah les enfants vont bien? Enfin, chez moi, je trouve qu’ils ne m’en tiennent pas rigueur longtemps, si ce n’est aps du tout ;)

  9. Clarissime says:

    Le plus important c’est d’être épanouie et les enfants le ressentent , merci pour ce billet qui fait du bien.

  10. Chris says:

    D’autant que si tu étais une mère parfaite, tes enfants se sentiraient coupables, une fois adultes de ne pas arriver à être à la hauteur. Alors vive les mères imparfaites !!!!

  11. Batice71 says:

    Grand plaisir à lire ton billet car jeune maman, j’ai bien culpabilisé (et on nous culpabilise aussi) de ne pouvoir faire des purées maisons et autres compotes et surtout de ne pas toujours être à la hauteur… Avec l’arrivée d’un deuxième (et une femme de ménage), je me prends moins la tête et tant pis si je ne suis pas la mère parfaite et que je pense un peu à moi !!! Ca fait du bien et comme tu le soulignes : Une maman épanouie c’est profitable à ses enfants!!! Mais je rentre dans la catégorie maman qui fait des milliards de décos (parce que j’aime ça…).

    • cranemou says:

      oui, oui, hein, je suis pas contre les décos de ce genre, je trouve ca adorable, mais euh…. non, hein, perso, je ne sais pas faire, et puis je dois bien faire des trucs que toi tu ne fais pas… mais si, dis moi que si ;)

      • Batice71 says:

        je te confirme qu’il y a des choses que tu sais mieux faire que moi (passerais-je pour une mère parfaite?) comme d’écrire avec beaucoup d’humour sur notre vie quotidienne de mère-épouse !!!
        Bises

  12. Louis13 says:

    Très bel article! Ne dit-on pas que si l’on savait ce qu’est exactement l’EDUCATION avant de vouloir être parents….on ne serait jamais parents? Rien de plus vrai car rien n’est plus difficile qu’élever ses enfants pour en faire des adultes épanouis et accomplis.
    Mère parfaite n’existe pas… Se remettre sans cesse en question , voilà une preuve de bon sens.

  13. MissBrownie says:

    Je ne vais pas te jeter la pierre, Natacha Saint-Pierre … Ah ce n’est pas ça ton nom ? Zut…
    Je suis comme toi.
    Je n’arrive pas du tout à dire à mes enfants que leurs dessins sont beaux alors qu’ils sont tout moches… Je les jette même à la poubelle quand ils ont le dos tourné.
    Pour le reste aussi je suis comme toi ;)
    Et je culpabilise de moins en moins

  14. Perle du Pacifique says:

    Où est-ce qu’on paraphe, qu’on signe, qu’on adhère, qu’on vote pouuuuuuur ! Je crois que tu as bien insisté sur un point : tu AIMES tes enfants, tu les protèges, leur inculques de bonnes valeurs…bref je ne vais pas te recopiter… Je crois que si la majeure partie des parents se concentraient sur ces points là, qui sont, selon moi, primordiaux, bon nombre d’enfants aurait tout ce qui leur faut pour grandir sereinement, de manière équilibrée et s’épanouir ! Et puis, quelle chianlie si nous voulions leur montrer une image de la mère parfaite ! Autant leur faire découvrir tout de suite que la perfection n’existe pas, au moins ils ne courront pas après, et que, leurs parents sont juste des êtes humains…avec leurs qualités et leurs défauts…et que dans la vie, on est plutôt heureux quand on prend, le bien, les qualités, et le positif de chacun ! Cranemou, j’adore tes articles, découverts depuis peu ! J’epsère que tu me rendras visite un de ces 4 ! A la revoyure !

  15. Mademoiselle Lily-rose says:

    Ah ba moi je me reconnais dans ta description…ma mère était choquée quand je lui ai dit que je n’aurai ni le temps ni l’envie de faire des purées maison, que les petits pots c’est très bien…Du moment qu’on aime ses enfants, qu’il reçoivent tout notre amour, nos valeurs, notre respect et qu’en retour ils font de même, on a tout gagné ;)
    Depuis le début de ma grossesse j’ai toujours dis à tout le monde (comme ça personne peut pas dire qu’il n’a pas été prévenu!): je ne veux les conseils de personne, je fais ce qu’il me semble le mieux pour mon enfant! Et je ne culpabilise pas d’être passé aux biberons au bout de 4 semaine, de la laisser en pyjama toute la journée (oui il a même pas 2 mois et on m’a dit que le pyjama c’est pour dodo , la journée il doit être habillé…pfffff), de lui donner un bain tout les 2j et de l’avoir fait dormir dans mon lit le 1er mois :)

  16. Estelle says:

    Kritik kritik kritik
    Je me critique moi-même, je critique les autres (mais ça c’est par habitude, je suis une langue de p… et pis, avec l’arrivée de Lu, il y a deux ans, j’ai beaucoup mis d’eau dans mon vin)…
    Mon but est que mes enfants soient heureux et épanouis mais pas au détriment de ma propre vie. Pour qu’ils le soient, je dois l’être aussi. Chacune d’entre nous, je pense, en a besoin, mais aussi en a besoin différemment. Par exemple, moi, j’ai besoin de leur présence, à mes ptits monstres. Je travaille beaucoup et je passe trop peu de temps avec eux. 1h30 le soir et les WE entiers. Mais j’ai aussi besoin de petites bulles pour moi, ou pour mon couple. Mais pas si souvent que ça en fait … L’arrivée prochaine d’une femme de ménage devrait m’enlever un poids qui me pourrit la vie, celui de cumuler ma vie professionnelle, ma vie de maman et ma vie de gestionnaire du foyer (gentil mari m’aide, mais je dois lui demander/dire quoi faire). J’aimerai profiter plus des gnomes, de faire les sorties avec l’école etc. J’ai envie. Mes parents ne le faisaient pas, ça ne m’a pas manqué, c’est qq chose que je voudrais faire.
    Enfin…
    Merci de lancer la discussion, parce qu’à force de vivre le quotidien, parfois, on ne le remet plus en question et on se traîne cette culpabilité sournoise sans l’exprimer. Et l’identifier, c’est commencer à s’en débarrasser !
    Moult bises
    E

  17. Anti Mère Poule says:

    Mais alors … Je ne suis pas la seule ??? Merci Cranemou, tu me rassures. Mais je crois qu’on apprend son métier de maman avec les enfants qu’on a, au fur et à mesure, on improvise, on teste, on se goure, on se rattrape. Et quand mon grand me dit « Merci Maman » avec un sourire éclatant, je me dis que c’est en bonne voie …

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